LE VOYAGE INACCOMPLI

13 Juillet 2017, 00:39

J'admire Pessao et particulièrement ce texte paru dans Le livre de l'intranquillité. J'admire la modernité de ce texte et le nom de son auteur.

Prendre le départ pour un voyage jamais réalisé, semble être une contradiction dans les termes, comme partir d'un port ou il n'est jamais allé. Mais Pessoa joue de l'indiscernabilité entre le réel et l'irréel, peut-être entre le rêve et la réalité, afin de découvrir des villes «d'une irréprochable irréalité» qui surgissent dans un voyage par-delà le réel et l'irréel et «dans un temps qui ne connaît pas de mesure», comme il dit.

Alors que pouvais-je faire avec un texte aussi magnifique et inspirant ? L'illustrer humblement, en essayant de trouver ce temps qui ne connaît pas de mesure, dans un lieu Le bout du monde, qui n'est pas au bout du monde (ou pas plus que n'importe quel lieu du monde) et qui semble n'être d'aucun pays même si la douane y est présente. Le voyage de Pessoa dans l'éternité du bout du monde, là ou le monde infini et l'éternité n'ont pas de frontière, eh bien j'ai eu la volonté peut-être présomptueuse de lui flanquer des images. Il fallait que ces images ne correspondent pas à un lieu réel, ce qui aurait été un contresens par rapport au sujet. Différents lieux se composent donc pour fournir le paysage de ce voyage, même si, je peux bien vous le dire maintenant, j'ai surtout filmé dans le port de Lorient, mais aussi à Saint-Nazaire et à Bordeaux.

Il est parti sur un bateau à moteur et arrivé sur un bateau à voile, ça convient à la magie du cinéma.

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